Txotxolo raconte Halloween à Biarritz

Choses presque vues

Un vent impérial, mâtiné d’arrogance brutale inaugure le beau jardin. Dame Maider-Eugénie est affublée de son gueux-rustique pour la circonstance. Entre deux commentaires vengeurs, agressifs, on peut voir le couple impérial s’écharper au pied du château hanté : A tout seigneur toute horreur ! Elle veut s’aventurer dans la bâtisse infernale. Il la retient comme il peut. Le ton monte :
– Puisque je te dis j’ai vu le fantôme de l’impératrice Eugénie, George-Philip !
– Maider, ma mie aurais-tu forcé la dose sur le Narguiléra* !
– Ça suffit George-Philip. Arrête tes éructations, sinon je fais évacuer tout le village !

(*Note de Txotxolo : le Narguiléra se compose de chardons ardents sur lesquels souffle un air d’absolue mauvaise foi et promesses frelatées au profit de quelques complices dépeceurs de terrains de sport.)

Le jardin public portait bien son nom pour cette nouvelle édition d’Halloween à Biarritz. Txotxolo, vilaine fouine, s’est cachée dans les tournesols, les allées hantées, s’est glissée sous les toiles d’araignées pour vous raconter ce que les très (trop, disent les grincheux) nombreux visiteurs n’ont pas pu voir. Tout est vrai, parole de fouine.

Champagne, dirait Jacques Higelin, prêtant ces paroles prémonitoires à Lucifer en personne : « Que les damnés obscènes, cyniques et corrompus, fassent griefs de leurs peines à ceux qu’ils ont élus. Car devant tant de problèmes et de malentendus, les dieux et les diables en sont venus à douter d’eux-mêmes ».
Michel Veunac, roi du copier-coller en profite pour métaphorer la chanson : « La nuit promet d’être belle, car voici qu’au fond du ciel apparait la lune rousse…»

Et d’ajouter « Mais soudain les arbres frissonnent, car Michel Moi-Même-Veunac en personne fait une courte apparition. L’air tellement accablé, qu’il voudrait qu’on lui redonne la mairie sans confession. »

Un jeune feu follet blondinet à la mèche rebelle se désole :
– Ah non, ce serait vraiment trop injuste. C’est moi qui me suis déclaré le premier ! Txotxolo a essayé de le consoler.
– Comment tu t’appelles mon petit ?
– Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, votez pour moi !
– Et ton copain là, il s’appelle comment ? Il a l’air inquiet…
– C’est Guillaume, Guillaume Barucq. Il a cru voir le méchant général Gargapinatel parmi les Schtroumpfs-Zombis…
Le pauvre, il veut distribuer des baffes à tout le monde, il va finir par se froisser ce qui lui reste de muscle.

Ah qu’ils sont mignons les enfants. Txotxolo a le cœur tendre. Mais qu’est-ce qu’il fait celui-là avec ses énormes joues à la Louis Armstrong en train de fouiller dans le coffre à trésor des pirates-fantômes ? Mais c’est le rond Brisson (petit patapon) ! « Je cherche les joyaux de la couronne volés au Louvre, pardi. Tous des incapables ! Et vous ne trouvez pas qu’ils sont un peu trop barbus ces pirates », demande-t-il au journaliste de CNews-Europe1-JDD venu cirer les babouches du sénateur ? Pour une fois que c’est dans ce sens, s’amuse la vilaine fouine.

Philippe Nalpas, qui connait son Brisson par cœur, est soulagé de ne pas croiser sa fifille Emmanuelle qui a préféré afficher son minois venimeux dans les tribunes du Master 1000 de Paris. Philippe voudrait bien glisser quelques confidences « off » aux journalistes de Sud-Ouest et de Ici mais comment les reconnaître avec tous ces déguisements…

Pour Txotxolo, c’est buvette-time. Il est temps d’écouter un peu ce que racontent les gens sérieux. « Non monsieur, mon établissement n’a jamais accueilli de sorcière ou de sorcier », se défend le directeur de l’hôtel du Palais qui aimerait bien trouver quelques millions pour faire face aux échéances. « C’est cela oui, le taquine Lilou Echeverria, toujours partant pour parler argent. Encore agile quand il s’agit de s’exprimer, tel un coup droit au Jai Alai, Lilou lâche : Et le grand Américain du G7, c’est pas de la sorcellerie pour avoir les cheveux et le visage couleur citrouille ! »
« C’est très bon la citrouille, à condition d’ajouter un peu de piment d’Espelette », le coupe Peyo Abeberry, qui semble avoir trouvé la bonne gamelle. Circonspect, Serge Blanco a la phrase choc, le cadrage-débordement tranquille : « Oui mais est-ce que ça fait maigrir ? »

La conversation aurait pu durer toute la nuit sans l’intervention d’un drôle de duo. « A votre bon cœur M’sieur-Dame. A votre bon cœur ! », dis le premier en tendant sa corbeille aux couleurs du Biarritz Olympique. « Villa à vendre. Villa à vendre », répéte le second en distribuant des catalogues de chez Barnes… Txotxolo s’est laissé dire que le service d’ordre avait dû évacuer Cyril Arrosteguy et Pierre-Édouard Stérin pour ne pas gâcher la fête. Et cette fois, madame la maire n’y est pour rien.

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