Faut pas gonfler Patrick Destizon !

Peut-on dire la vérité en politique ?

On a beau être professeur d’université, centriste, roué à la politique municipale, faut pas pousser Patrick dans les rouleaux de la Grande Plage à deux pas de l’hôtel de ville de Biarritz. « Diantre ! », s’est exclamée Txotxolo à la lecture de l’article de Sud-Ouest en date du 15 novembre dernier. L’article est illustré par une photo de Patrick Destizon, crinière grise, lunettes vengeresses et regard faussement placide de vengeur non masqué.

Patrick est en colère. Et quand Patrick est en colère, il ne crie pas Môssieur, il s’insurge. Et contre quoi s’insurge-t-il ? Contre l’utilisation partisane et électoraliste du dernier bulletin municipal en pleine période préélectorale. Pan sur le museau aurait dit un hebdomadaire satirique du mercredi mais à pattes palmées. « Lorsque j’ai ouvert Biarritz Magazine, j’ai fait des sauts », grince notre Tryphon biarrot. Destizon n’est pourtant pas un kangourou de l’année. Il appartiendrait plutôt à la famille des dinosaures de la politique biarrote vu l’ancienneté de son engagement qui remonte facilement aux années Borotra.

Soutenu dans sa démarche par trois autres élus (Guillaume Barucq, Corine Martineau et Sébastien Carrère), Destizon a adressé, nous apprend l’article en date du 15 novembre 2025, un courrier à la Commission nationale des comptes de campagne dans lequel il accuse la majorité de « se servir du magazine municipal pour faire la promotion du bilan du mandat ». Ce qui est, insiste-t-il «rigoureusement interdit ».

Que nenni, rétorque la mairie qui affirme respecter les principes encadrant la communication préélectorale : « antériorité, régularité, périodicité et neutralité ». Le dernier argument – neutralité – amuse beaucoup Txotxolo mais passons, la commission tranchera.

Reste que Maider–Eugénie et sa pléthorique équipe de communicants feraient bien de se méfier. La dernière fois que le Maître Capello (oui, Patrick, c’est toi) du Code général des collectivités territoriales s’est manifesté – avec véhémence ce qui est rare pour un centriste revendiqué – c’était lors de la parodie de conseil municipal du 15 septembre dernier, vous savez celui qui s’est joué à huis-clos suite à l’oukase de l’impératrice Arosteguy qui ne tolère pas la contradiction sur son projet d’aménagement du plateau d’Aguilera.

Destizon a eu beau s’égosiller pour lui signifier que sa démarche était illégale, Maider l’orgueilleuse n’en a fait qu’à sa tête et toutes les délibérations, invalidées par le préfet comme avait prévenu le sage Patrick, ont dû être revotées.
Inamovible vigie du conseil municipal (25 ans au service des Biarrots que ce soit dans l’opposition ou dans une moindre mesure dans la majorité), Patrick Destizon en irrite certains par sa propension à truffer de références culturelles et de chiffres la plupart de ses interventions comme s’il était nécessaire de rappeler à ceux qui l’auraient oublié sa double casquette de prof d’université et de brillant économiste.

Mais tous ou presque s’accordent à souligner son assiduité (pas seulement dans les tribunes d’Aguilera pour soutenir le BO), sa parfaite connaissance des dossiers les plus complexes et une ouverture d’esprit qui a permis à celui qui a longtemps navigué des rives de l’UDF à celles de l’UMP de partager des quarts avec des équipiers de gauche, membres des partis abertzale ou écologistes. A mille lieux de « la logique partisane, politicienne, caporaliste » d’un Max Brisson (et ce n’est pas Txotxolo qui parle mais Destizon en 2013 dans une interview à Sud-Ouest)

Inamovible vigie mais bien souvent perdant au soir des élections, Patrick Destizon, éternel second, a fini par gagner… le surnom de « Poulidor biarrot ». En est-il amer pour autant ? Un de ses récents post, sur Facebook, a retenu l’attention de Txotxolo. L’élu s’interrogeait sur la réflexion « Peut-on dire la vérité en politique ? » et citait le poète romain Juvénal qui écrivit jadis : « Qu’irais-je faire à Rome ? Je ne sais pas mentir. » Et Destizon de conclure : « Je pense que l’on doit toujours dire la vérité en politique même si ce n’est pas le meilleur moyen d’être élu. Et c’est là tout le combat que doivent mener les démocrates contre les populistes. »

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