Aguilera, Maïder, Alday en mode Tontons flingueurs

C’est pas du Audiard mais ça pourrait

« Faut pas prendre les enfants (biarrots) du bon Dieu pour des canards sauvages! » Je ne sais pas vous, mais chaque fois que Txotxolo se penche sur le dossier Aguilera, des répliques des films de Michel Audiard lui viennent à la bouche. Parfaitement, il n’y a pas que les caves, les fouines aussi se rebiffent et sont capables de lever bien haut le « glaive vengeur et le bras séculier ».

Plaine sportive hier, champ de bataille aujourd’hui, quartier blockhaus demain ? Pauvre Aguilera menacée par le projet impérial – municipal de construire 250 logements entre le Jai Alai et ce qu’il restera du terrain d’entraînement, sans la moindre concertation. Parce que la démocratie, « c’est comme la Sainte Vierge. Si elle n’apparaît pas de temps en temps, le doute s’installe. » Maider – Eugénie aurait-elle eu peur des résultats d’un referendum ?

On souffle à l’oreillette de Txotxolo qu’il y a bien eu une enquête publique. Si, si. Quinze jours en plein mois d’août. A Biarritz, sous le règne d’Iron Maider, c’est ainsi que se joue l’avenir d’une des dernières réserves foncières de la ville. Une enquête bâclée confiée à un commissaire – sprinter qui a rendu sa copie en moins de deux semaines. Ses conclusions : l’acceptabilité sociale reste défavorable au projet mais son avis est tout de même positif.

Txotxolo serait bien allée lui demander des explications à l’Usain Bolt de l’enquête publique mais elle a lâchement fait marche arrière quand elle a appris qu’il préside les Ours Blancs ! Pas envie, la vilaine fouine, qu’ « aux quatre coins d’Biarritz, on la retrouve éparpillée par petits bouts, façon puzzle… » Les Ours Blancs, une association hébergée dans des locaux municipaux et que l’on dit très en cour à l’Hôtel de ville. Comment dit-on « conflit d’intérêt » sur la banquise ?

« Souvent femme varie, bien fol qui s’y fie » (ce n’est pas du Audiard mais du François 1er, paraît-il). En 2020, souvenez-vous, Maider (pas encore folle d’Eugénie affichée) s’était entichée du président du BO de l’époque Jean-Baptiste Aldigé avec la promesse d’un nouveau stade à la clé. On connaît la suite une fois l’écharpe de maire enfilée… En vue de mars 2026, c’est vers un nouveau parrain que s’est tournée la candidate à sa réélection en lui confiant les clés d’Aguilera.

On ne présente plus Robert Alday, l’Oncle Picsou d’Iparalde (3ème fortune d’Aquitaine), incontournable Francis Bouygues du Pays-Basque à qui tant de riches Parisiens doivent leur pied-à-terre basque inoccupé onze mois sur douze. Avec Aguilera, le serial entrepreneur a tout de même réalisé un tour de force. Emporter le marché tout en proposant un chèque inférieur à celui de ses concurrents pour acheter le terrain à la ville. Txotxolo n’en croit pas sa calculette : 4 millions d’euros en moins pour les caisses de Biarritz ! Et dire que certains se gaussent du passé de gestionnaire d’un autre candidat, figure vaguement connue du monde de l’ovalie…

« Ne nous fâchons pas ! » a en effet proposé Don Sergio en suggérant de ne construire qu’en périphérie d’Aguilera et uniquement du logement social. D’ordinaire, « quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, ceux d’soixante kilos les écoutent… ». Pas à Biarritz. Mélange d’amateurisme et de jem’enfoutisme, « dans des proportions qui restent à déterminer », comme disait Audiard, Maider – Eugénie et sa clique de têtes à claques (qui se perdent – ça, c’est de la part de Txotxolo) ont préféré pérorer lors du dernier conseil de l’année sur le thème : Aguilera, « le coup est parti » ! « Au terminus des prétentieux », voilà de sérieux clients. Les recours déposés par les élus d’opposition, on s’en fout. Les voix discordantes qui tirent la sonnette d’alarme sur les problèmes de circulation et de stationnement à venir, on les ignore ; quand on ne les expulse pas manu militari du conseil municipal comme en septembre dernier…

Mieux, après l’avoir savamment enterré durant tout leur mandat, ils ont adoubé le projet du BO omnisports de créer une piscine extérieure chauffée de 50 mètres . Ce qui a permis au saint-patron des douches de plage, Guillaume Barucq, de chatouiller la bienfaitrice des bétonneurs d’Aguilera : « Avec l’aménagement que vous avez prévu, on plongera depuis les balcons ? »

Pas mal, mais Txotxolo a choisi, à trois mois des élections, de laisser le mot de la fin au père Audiard : « Les conneries c’est comme les impôts, on finit toujours par les payer. »

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